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Feuilles de semaine
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Feuille de semaine n°188
Beaucoup se disent « chrétiens non pratiquants ». Si on leur demande de préciser leur pensée, ils disent : « Mais je crois en Dieu ! » Le grand dommage, c’est que cette croyance-là n’a absolument rien de chrétien. Les juifs, les musulmans et la plupart des hommes croient en Dieu sans être chrétiens. Dans notre profession de foi, dans notre Credo, nous affirmons croire en Dieu (bien sûr !), en deux lignes seulement. Et puis nous développons notre croyance spécifiquement chrétienne en seize lignes : c’est la foi dans le Christ qui fait le chrétien, c’est Jésus, Dieu qui s’est fait homme, qui remplit notre Credo. Oui, Jésus était un homme comme nous, avec de vraies mains qui saignaient, de vrais yeux qui pleuraient, un vrai corps qui se fatiguait. Il est un homme qui est mort, d’une vraie mort. Quelques temps auparavant, ce Jésus, si humain, prit avec lui ses amis intimes, Pierre, Jacques et Jean, et, sur une haute montagne, il a laissé transparaître dans son corps la lumière de sa divinité. Les signes en étaient clairs : la montagne, la métamorphose lumineuse, la nuée ombrée, la voix qui vient du ciel... La vraie foi chrétienne n’est pas de penser que Dieu existe, mais d’oser affirmer que la gloire du Dieu unique d’Israël est sur le visage d’un homme en chair et en os, Jésus ! Ainsi, la transfiguration éclaire la question la plus importante de nos cœurs d’hommes : la vie a-t-elle un sens ?
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Feuille de semaine n°187
L’homme de tous les temps, l’Adam de tous les siècles, est toujours tenté par l’autosuffisance pour gérer son existence, organiser le monde et construire son bonheur selon ses plans. Il s’y connaît en paradis terrestre, mais ne réussit souvent qu’à bâtir diverses variantes d’enfers... Dieu lui apparaît comme un rival dont il se détourne. Il veut mener seul sa barque, décider seul du bien et du mal. Il veut se construire seul, sans Dieu ni maître. Il se passe d’une alliance d’amour. Il ne veut pas vivre d’une relation filiale avec Dieu. Il veut être son propre dieu. Voilà le péché. Mais le récit de la chute se termine sur une note d’espérance. Rien n’est jamais perdu pour Dieu. La réconciliation est toujours possible. En Jésus qui affronte avec nous les tentations aux masques séduisants, il vient nous rendre notre véritable liberté. Il nous permet de retrouver le vrai visage de Dieu et le vrai visage de nos frères. Le carême est là. Comment apaiser ta soif de bonheur ? - Il y a tout l’éventail des plaisirs sensibles et l’enivrante possession des nourritures terrestres, susurre une voix obscure. - Mais il y a surtout la chaleur, la sollicitude et les miracles de l’amour, murmure une source venue des profondeurs. Et cela seul comble, véritablement, tes faims les plus grandes...
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Feuille de semaine n°186
Jésus nous offre un chemin de résurrection, un chemin de divinisation Nous avons à devenir et à agir comme lui, Jésus, qui accomplit les Écritures. Et comment le fait-il ? « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » - « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. » Et Jésus, de donner six exemples : trois sont repris ce dimanche, les trois autres nous les entendrons dans huit jours. Aujourd’hui, il parle de la douceur des gestes, de la droiture du regard, de la sincérité des paroles. « Va d’abord te réconcilier... Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le... Que ton oui soit oui... » Douceur et non-violence dans les relations humaines sont choses difficiles. Sans en arriver au meurtre, les tensions ne manquent pas, ni les rancœurs. Pourtant, il nous reste possible de donner le meilleur de nous-mêmes, si nous vivons dans la prière et dans la réconciliation fraternelle. « Va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. »
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Feuille de semaine n°185
Habituellement on ne remarque pas qu’il y a du sel dans la soupe, pas plus qu’on n'est souvent attentif à la lumière. C’est le manque d’assaisonnement ou la panne d’électricité qui nous fait apprécier le sel ou la lumière… Ainsi en est-il de beaucoup de vies qui nous entourent. Habituellement on ne les remarque pas. Elles sont discrètes. C’est l’Esprit Saint qui habite au fond de nos cœurs qui nous donne de reconnaître la lumière de Dieu qui éclaire le visage de nos frères. « vous êtes la lumière du monde. » Non que nous soyons meilleurs que les autres, mais parce que nous avons reçus un trésor qui ne vient pas de nous, que d'autres nous ont transmis, et que nous avons la joie de partager : cette richesse, c'est la Parole de Dieu. C’est Dieu qui nous habite par sa Parole. C’est Dieu Père, Fils, Esprit qui vient demeurer en nos cœurs. Ce témoignage, Dieu nous invite à le donner dans la discrétion. C’est très important. Trop de sel rend la nourriture immangeable. Trop de lumière ne peut qu’éblouir et aveugler. Le sel et la lumière, usés avec mesure, sont des révélateurs. La nourriture existe avant qu’on la sale. La ville existe avant que s’allument les lampadaires. Mais le sel relève le goût des aliments et la lumière fait ressortir la beauté des êtres et du monde.
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Feuille de semaine n°184
Les valeurs de notre société exaltent la force, la puissance, l'énergie. Il s'agit de s'imposer, de se présenter face à l'autre, de lui en imposer. Et voilà que l'évangile, aujourd'hui, vante les petits, les faibles, les humbles, ceux qui n'ont rien et ceux qui ne sont rien. Il y a quelque chose en nous qui se hérisse, quand on nous dit « Heureux les pauvres, ceux qui pleurent ». Alors, faut-il pleurer pour être heureux ? Faut-il connaître le malheur pour être heureux ? Que veut dire ce paradoxe de l'évangile? Le message des Béatitudes reflète avant tout la personnalité de Jésus. Au lieu de dire : "Heureux les pauvres de cœurs, les doux..." on peut dire, parlant du Christ : "Heureux LE pauvre de cœur, LE doux..." Alors, maintenant, il faut regarder de notre côté. Et nous demander si, aujourd'hui, dans ce monde tel qu'il est, dans ce monde de violence, un monde dur, un monde d'agression, où règne une guerre totale au plan économique, qui fait beaucoup de victimes. Dans ce monde-là, peut-on être encore aujourd'hui l'homme des Béatitudes ? C’est non seulement possible, mais indispensable. Il faut devenir pauvre de cœur. Qu'est-ce que cela veut dire? Il ne s'agit pas de la pauvreté de celui qui n'a rien, ou qui a peu. Cela, c'est un mal. La misère, c'est un mal qu'il faut combattre. Il s'agit d'autre chose.
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Feuille de semaine n°183
Le Royaume, cela ne nous dit peut-être rien, à nous, aujourd'hui, malgré le fait que dans notre république, il y a toujours une fascination pour la monarchie, et que les présidents sont comme des rois non couronnés Pour les Juifs, cela voulait dire quelque chose. Il y avait toujours la nostalgie du grand royaume : celui de David, mille ans plus tôt. Mais ensuite, tout s'était disloqué : d'abord à cause de rivalités internes, puis, à cause des grandes invasions qui au cours des siècles avaient déferlé sur ce petit pays. Et pour finir, la déportation à Babylone. Et plus récemment encore, l'occupation romaine. Et puis, vient Jean-Baptiste. Il annonce que le « Royaume » est tout proche. André et Jean ont été ses disciples : il leur désigne Jésus comme l'agneau de Dieu. Si bien que lorsque Jésus arrive à Capharnaüm, pour annoncer que « le Royaume est tout proche »,ils quittent tout pour le suivre.
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Feuille de semaine n°182
A la lumière des textes de la liturgie de ce dimanche, posons-nous cette question : baptisés, qui sommes-nous ? Nous pouvons tout d’abord nous dire, comme le Serviteur du livre d’Isaïe : « Le Seigneur m’a formé dès le sein de ma mère ». Dès avant ma naissance, c’est Dieu qui m’a appelé, choisi. Et mes parents, en demandant pour moi le baptême, n’ont fait que répondre à l’appel de Dieu. Ils ont répondu oui « pour que je sois son serviteur », et c’est à moi de confirmer chaque jour, parvenu à l’âge adulte, la réponse que mes parents avaient faite pour moi à mon baptême. J’ai été choisi, serviteur de Dieu, pour être « la lumière des nations ». Et au jour de mon baptême, le prêtre a remis à mon père un cierge allumé, symbole de cette lumière. « Vous êtes la lumière du monde ». Avec saint Paul, nous pouvons dire ensuite que nous sommes « l’Eglise de Dieu ». Paul s’adresse aux chrétiens de Corinthe. Qui sont-ils ? Un ramassis de pauvres gens : dockers du port, esclaves, prolétaires, petits artisans. Dans la même lettre, Paul dira : « Du point de vue humain, il y a parmi vous peu de sages, peu de puissants, peu de membres de familles importantes. mais Dieu a choisi ce que le monde estime bas et méprisable, ce qui n’est rien à ses yeux ». Eh bien, c’est à cette communauté que Paul écrit : « Vous êtes l’Eglise de Dieu, rendus saints par le Christ. Vous êtes le peuple saint ». C’est à nous aussi, aujourd’hui, que Paul redit : « Vous êtes l’Eglise de Dieu, le peuple saint », ce qui constitue notre identité, notre dignité de chrétiens.
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Feuille de semaine n°181
La fête du baptême du Seigneur vient clore le temps de Noël. En Jésus, commence une nouvelle création, celle d’un peuple nouveau, passé par le baptême de mort et de vie. L’eau est un mystère, qui traverse toute la Bible. Eaux destructrices du Déluge et eaux régénératrices du Jourdain. Mystère de vie et de mort, eaux sépulcrales et eaux maternelles, elles évoquent la traversée de la Mer Rouge et surtout le passage, à travers l’océan de la mort, du Ressuscité. A la puissance du mal signifiée par l’eau jaunie d’alluvions du petit fleuve de Palestine, Jésus apporte la présence de son infinie compassion. Depuis ce jour, il n’est pas de pécheur le plus abîmé qu’il ne puisse rejoindre. Il s’est fait le plus proche des plus loin. Et c’est là, quand son humiliation arrive au plus bas, qu’éclate l’épiphanie, la manifestation solennelle. L’étoffe céleste se déchire. En Jésus, Dieu se donne une Parole. Par sa vie, ses mots et ses gestes, il sera « la voix du Père » parmi les hommes.
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Feuille de semaine n°180
La fête de l’Épiphanie célèbre Celui qui vient visiter son peuple. Elle se déploie en trois moments de la vie de Jésus qui seront lus et médités durant ce mois de janvier dans nos églises : l'adoration des Mages ; le baptême du Christ au Jourdain, et les noces de Cana.. Arrêtons-nous aujourd’hui sur le premier volet de la fête de l’Épiphanie, l’épisode des mages. Le grand message que saint Matthieu veut nous y communiquer c’est tous les hommes de tous les nations, sont invités à la suite des mages à chercher Dieu. Certes, c'est toujours Dieu qui, le premier, cherche l'homme ! C’est là le sens de l'étoile : c'est Dieu qui prend l'initiative. Mais n’est-il pas le laissé pour compte de nos emplois du temps ? Celui dont on s'occupe quand on n'a rien d'autre à faire. Celui qu'on a toujours de bonnes raisons d’oublier: parce qu’il ne répond pas instantanément à nos prières, parce que les croyants ne sont pas meilleurs que les autres, parce qu’il y a trop de souffrance dans le monde… autant de raisons que nous nous donnons pour négliger Dieu. Heureusement il y a toujours des Mages. La passion des savants à chercher la vérité, la fascination des poètes et des artistes pour la beauté, la soif de justice de ceux qui s’engagent à construire une planète plus belle, le désir d’infini des mystiques sont des signes de cette dimension divine qui habite tout être humain. Les mages nous apprennent donc trois choses. Offrons, avec eux, nous aussi, l’or, l’encens et la myrrhe.
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Feuille de semaine n°179
Avec Jésus la famille prend un sens tout à fait nouveau. Elle n'est plus, pour chacun des membres qui lui appartiennent, le cœur du monde, auquel tout doit être rapporté et rattaché. Elle est éclatée. Elle est le lieu dont on sort pour entrer dans le monde -un lieu de passage et d'entrée progressive à l'univers. C'est le glaive qui sépare le cœur de Marie en deux. Son cœur sera divisé entre le Fils qu'elle perd lorsqu'il lui échappe, au Temple, à l'âge de douze ans, lorsqu'il la quitte vers l'âge de trente ans, alors qu'elle est sans doute déjà veuve, et finalement lorsqu'il se fait crucifier. Ce cœur divisé est tout de suite ressoudé dans l'amour universel qu'elle partage avec son fils. De la Sainte Famille on sait peu de choses sinon qu'elle était pauvre. Joseph était un simple ouvrier. Lorsqu'ils présentent leur fils au Temple, ils présentent non pas l'agneau des riches mais les tourterelles des pauvres. Et cette famille modeste éclatera rapidement, dans le sens le plus positif du mot éclater - comme une fleur éclate en ouvrant ses pétales, pour s'ouvrir à la grande famille des disciples de Jésus, à la grande famille des nations.










