Prochaines messes

  • Ichtratzheim - Messe Ste Thérèse de l’enfant Jésus
    sam 01 octobre 2022  18h30 - 19h30

  • Hindisheim - Messe 27e dimanche ordinaire Messe de rentrée / Messe des familles
    dim 02 octobre 2022  10h00 - 11h00

  • Hipsheim - Messe St. François d’Assise
    mar 04 octobre 2022  9h30 - 10h30

  • Limersheim - Messe Ste Faustine
    mer 05 octobre 2022  9h30 - 10h30

  • Hindisheim - Messe St. Bruno
    jeu 06 octobre 2022  18h30 - 19h30

Editorial Novembre 2021

L’onde de choc provoquée par la publication du rapport de la Commission indépendante concernant les abus sexuels commis par des gens de l’Eglise catholique va se propager durant des années dans les communautés en France et au-delà. Dans les media, ce sont les mots de honte, de douleur, d’heure de vérité, de colère qui ont été souvent employés. Il semble qu’au-delà de la tristesse et de la sidération devant les chiffres, c’est le terme de scandale qui devrait être mis en avant. Ce mot désigne en grec la pierre d’achoppement, celle qui fait tomber. Le mal est un scandale. Il provoque à la fois la perte de confiance et le sentiment d’avoir été trahi, pris au piège chez celui qui en est la victime ou le témoin.
En premier c’est la parole des victimes qui est à écouter, aussi insupportable soit-elle. Car elle dit l’irréparable, elle raconte des vies brisées et dénonce lâcheté et indifférence. Il nous faudra aussi méditer le fait que la commission Sauvé rattache ces abus au 5e commandement : « Tu ne tueras pas. », ce qui leur confère une gravité plus grande encore. Ces abus sont aussi à mettre en rapport avec le 7e commandement : « Tu ne mentiras pas. » Tant ils conduisent à vivre dans l’hypocrisie.
Nous aurons à nous interroger sur le deuil que nous avons à vivre, sur la tristesse qui nous affectera pour longtemps. C’est particulièrement le cas de toutes les personnes qui ont consacré leurs énergies au service de l’Evangile et de leurs frères. C’est vrai pour chaque baptisé qui prend au sérieux une vie à la suite du Christ. Nous portons une responsabilité commune car c’est le corps du Christ tout entier qui est blessé.
Cela fait fondamentalement partie du chemin de la foi que de reconnaître cette responsabilité individuelle et collective du péché dans le monde et dans l’Eglise, de faire ainsi la vérité ! L’Eglise est appelée aujourd’hui à faire la lumière. « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres. » dit Jésus à ceux qui croient en lui. (Jn 8, 31-32.) C’est à ce prix que l’Eglise pourra être accueillante, respectueuse des personnes et quelle pourra annoncer son Seigneur, mort pour les péchés.
Prendre l’Evangile au sérieux ! Il en va là de la crédibilité de l’Eglise et de toute personne qui désire vivre de foi. Relisons ce qu’écrit St Jean dans sa première lettre (1 Jn 1, 6-9.) « Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, (Jésus Christ) alors que nous marchons dans les ténèbres, nous sommes des menteurs, nous ne faisons pas la vérité… Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous. Si nous reconnaissons nos péchés, lui qui est fidèle et juste va jusqu’à pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice. »
D’où viendra le salut ? Nombreuses sont les voix qui s’élèvent pour réclamer des réformes de structure dans une Eglise qui s’est longtemps appuyée sur les prêtres. Il est évident que le pouvoir dans l’Eglise catholique devra être exercé différemment, régulé et contrôlé. Mais chacun sait que réformer une institution prend beaucoup de temps et qu’on ne peut pas tout attendre de changements structurels. Il nous faudra aussi une conversion radicale à l’Evangile, ce qui ne doit pas être un prétexte à ne pas faire de profondes réformes.
Quand on lit par exemple l’évangile selon St Marc, on remarque dès le début que Jésus y exprime des colères. A chaque fois, qu’il s’insurge c’est en faveur de la vie et de la vérité. Par exemple dans la synagogue de Nazareth, il sent la résistance de ses contemporains et promène sur eux un « regard de colère, navré de l’endurcissement de leurs cœurs. » Mc 3, 5. Cette colère exprime que pour lui un être humain est sacré et qu’il est urgent de sauver une vie, y compris le jour du sabbat.
L’être humain est à sauver et c’est la mission de l’Eglise que de l’annoncer, de le rendre possible, d’y travailler. Que Dieu puisse accomplir ce salut est une question cruciale, urgente. C’est en notre être intérieur, en notre cœur, que Dieu peut agir. Dans notre culture nous désignons par là notre centre de délibération interne, notre conscience. Dieu travaille par son Esprit, par son souffle, au cœur de notre intelligence, de notre discernement, de nos priorités, de notre force intérieure. C’est là que se jouent les nécessaires conversions.
Toute prise de conscience peut produire des sursauts. Nous ne sommes pas condamnés au déclin. Au contraire ! Le mot de « crisis » en grec, duquel vient le mot de crise, ne renvoie pas seulement à un film ou à une série télévisée. Il signifie nécessité de discerner et de faire un ou des choix. Un échec, une dépression ou une maladie constituent des moments de crise et de prises de décision. Le chemin à parcourir sera long. Nous ne pourrons avancer que de conversion en conversion !
Étienne